La santé n’est pas une compétence communale.
Évidemment.
Cela n’empêche pas la commune d’être le premier guichet réel, celui vers lequel on se tourne quand on ne sait plus à qui s’adresser, ou quand tout le reste est fermé.
Notre ligne est simple : jouer un rôle pivot, faciliter l’accès aux soins, organiser la prévention, et cofinancer intelligemment, jamais seuls, toujours avec l’ARS, la Métropole et les partenaires de terrain. Sans commune motrice, rien ne se met en place, et chacun se renvoie la balle avec une élégance toute administrative.
Parmi les piliers de cette politique figure la Maison médicale de garde, déjà détaillée dans le chapitre “Sécurité et tranquillité publique”. Elle relève autant de la protection quotidienne que de la santé de proximité : une réponse locale aux urgences simples, le soir et le week-end, qui renforce la résilience sanitaire d’Écully et complète les actions de solidarité et de prévention.
Une politique de santé et de solidarité concrète pour Écully
Créer une maison médicale de garde ouverte en soirée et le week-end
Vision politique
Assurer l’accès aux soins non programmés n’est pas une affaire de prestige, mais d’organisation. La commune ne se substitue ni à l’État, ni à l’ARS, ni aux hôpitaux. Elle assume un rôle de proximité : rendre possible une solution locale, lisible, et éviter que l’urgence hospitalière devienne l’unique porte d’entrée, y compris pour des situations simples.
Mise en oeuvre concrète
- Mise à disposition d’un local communal identifié, accessible et clairement signalé.
- Organisation d’une permanence en soirée et le week-end, assurée par un pool de médecins volontaires.
- Coordination avec le 15 pour la régulation et l’orientation des patients.
- Convention de fonctionnement avec l’ARS et articulation avec les acteurs de secours agréés, selon le schéma retenu.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée si la commune fournit le socle matériel (local, logistique, coordination) et construit le partenariat médical et institutionnel.
Le budget est estimé entre 120 000 et 180 000 euros par an.
Le financement repose sur une logique partenariale : ARS, Région (volet santé), Métropole (santé publique), autofinancement communal partiel, et cofinancement possible avec les communes voisines.
Effets attendus : réduction du recours aux urgences pour des motifs simples, amélioration de la sécurité sanitaire, réponse plus rapide aux besoins quotidiens.
Créer un centre de santé de proximité aux Sources
Vision politique
La disparition de médecins dans un quartier n’est jamais un simple aléa individuel, c’est un signal de fragilisation collective.
Aux Sources, l’enjeu est clair : éviter que l’absence d’offre médicale ne devienne une fatalité territoriale.
La commune n’a pas vocation à se substituer au système de santé, mais elle peut créer les conditions d’une présence médicale stable, organisée et attractive, en lien étroit avec l’ARS et les acteurs de terrain.
Un centre de santé constitue une réponse structurante, plus robuste qu’une installation isolée, et mieux adaptée aux besoins d’un quartier populaire et dense.
Mise en oeuvre concrète
- Création d’un centre de santé associatif ou communal, implanté aux Sources.
- Accueil de médecine générale, de soins infirmiers et d’actions de prévention et d’éducation à la santé.
- Fonctionnement salarié ou mixte permettant de sécuriser l’installation des professionnels.
- Articulation avec le centre social, les services municipaux et les dispositifs de prévention existants.
- Conventionnement avec l’ARS pour l’agrément et le pilotage sanitaire.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est réelle dès lors que la commune joue son rôle de facilitateur, en mettant à disposition des locaux et en construisant le partenariat institutionnel.
Le budget est estimé entre 150 000 et 250 000 euros par an, selon le volume de personnel et l’amplitude d’ouverture.
Le financement mobilise principalement l’ARS (centres de santé), la Métropole (prévention), la Région (santé communautaire), une participation des professionnels, ainsi qu’un autofinancement communal maîtrisé.
Les effets attendus sont concrets : réduction des ruptures de suivi médical, amélioration de la prévention et présence sanitaire continue dans un quartier aujourd’hui fragilisé.
Garantir un accès effectif à un médecin traitant par un réseau de santé local coordonné
Vision politique
L’absence de médecin traitant est aujourd’hui l’un des premiers marqueurs d’inégalité réelle face à la santé.
Sans attendre des réponses nationales incertaines, la commune peut agir comme chef d’orchestre de proximité, en organisant la coopération entre les professionnels déjà présents.
Il s’agit moins de créer une structure supplémentaire que de faire fonctionner ensemble ce qui existe, pour que plus aucun habitant ne reste invisible dans le système de soins.
Mise en oeuvre concrète
- Mise en place d’un réseau santé communal associant médecins, pharmaciens, infirmiers scolaires, CCAS et associations de santé.
- Articulation directe avec la maison médicale de garde et les actions locales de prévention.
- Repérage partagé des personnes sans médecin traitant ou en rupture de suivi.
- Orientation facilitée vers les professionnels disponibles, dans un cadre coordonné et sécurisé.
- Réunions régulières de coordination et outils simples de mise en relation.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, car le dispositif repose sur des acteurs déjà implantés et sur des formats légers de coordination.
Le budget est estimé entre 20 000 et 40 000 euros par an, couvrant la coordination, l’animation du réseau et les outils de suivi.
Le financement peut mobiliser l’ARS, la Métropole, ainsi que des contributions des partenaires sanitaires.
Les effets attendus sont immédiats : réduction du nombre d’habitants sans médecin traitant, détection plus précoce des situations fragiles et amélioration de la continuité des soins sur le territoire communal.
Mettre en œuvre une ordonnance verte pour protéger la santé dès le début de la vie
Vision politique
La santé ne se construit pas uniquement au moment de la maladie, mais bien en amont, dès la grossesse et les premières années de la vie.
L’ordonnance verte traduit une écologie concrète et protectrice, loin des discours abstraits.
Elle affirme que la commune peut agir là où l’impact est maximal, au tout début de la vie, en réduisant les inégalités sociales et environnementales face à l’alimentation et aux perturbateurs endocriniens.
C’est une mesure de prévention, de justice sociale et de santé publique, lisible et profondément humaine.
Mise en oeuvre concrète
- Identification des bénéficiaires via les professionnels de santé, la PMI et les acteurs sociaux.
- Organisation d’ateliers de sensibilisation à la santé environnementale et à l’alimentation pendant la grossesse.
- Distribution hebdomadaire de paniers de légumes biologiques et locaux, sur une durée modulée de deux à sept mois selon les revenus.
- Partenariats avec des producteurs en circuit court, une cuisine centrale ou une ferme pédagogique pour sécuriser l’approvisionnement et l’accompagnement.
- Suivi simple et bienveillant, sans stigmatisation, centré sur la prévention et le volontariat.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, reposant sur des dispositifs existants et des partenariats déjà structurés autour de la santé environnementale et de l’alimentation.
Le budget est estimé entre 80 000 et 120 000 euros par an, incluant les paniers, les ateliers et la coordination.
Le financement peut mobiliser l’ARS (santé environnementale), la Région, la Métropole, des partenariats agricoles locaux, ainsi que des coopérations avec une cuisine centrale ou une ferme pédagogique.
Les bénéfices attendus sont durables : amélioration de la santé maternelle et infantile, réduction des expositions nocives précoces et soutien concret aux familles dès les premiers mois.
Mutuelle communale accessible
Vision politique
L’accès aux soins ne dépend pas uniquement de l’offre médicale, mais aussi de la capacité financière des habitants à se soigner.
Trop de personnes renoncent encore à des soins pour des raisons de couverture complémentaire insuffisante.
La commune a un rôle légitime pour faciliter l’accès à des solutions collectives, sans se substituer aux acteurs existants, mais en veillant à leur lisibilité, leur accessibilité et leur équité.
Mise en oeuvre concrète
La commune vérifie l’existence et le fonctionnement des dispositifs actuels de mutuelle communale ou intercommunale.
Lorsque l’offre existe, elle est évaluée, clarifiée et mieux portée à la connaissance des habitants.
Si elle est absente, incomplète ou peu accessible, la commune lance un appel à partenaires afin de proposer une mutuelle communale à tarif négocié, ouverte prioritairement aux seniors, aux étudiants et aux foyers modestes.
Un accompagnement est assuré pour l’information, l’adhésion et l’orientation des publics concernés.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, le modèle étant déjà éprouvé dans de nombreuses communes.
Le coût pour la collectivité reste très limité, concentré sur la communication, la coordination et l’accompagnement des habitants.
Le financement du dispositif repose sur l’opérateur retenu, sans engagement financier structurel de la commune.
Déployer un plan canicule et grand froid centré sur la protection des plus vulnérables
Vision politique
Les épisodes de canicule et de grand froid sont appelés à se multiplier.
Ils frappent d’abord les personnes âgées, isolées, mal logées ou en situation de fragilité.
La commune a une responsabilité directe dans l’anticipation et la protection sanitaire de ces publics, en agissant avant que les situations ne deviennent critiques.
Ce plan incarne une approche préventive, humaine et organisée de la solidarité locale.
Mise en oeuvre concrète
Le plan communal canicule et grand froid repose sur l’identification des personnes vulnérables, une veille active en période d’alerte, et l’activation rapide de dispositifs de protection.
Il combine appels réguliers aux personnes isolées, ouverture de lieux rafraîchis ou chauffés, diffusion d’informations pratiques, et mobilisation coordonnée des agents municipaux et des bénévoles.
Ce dispositif s’articule avec les services sociaux, les acteurs de santé et les associations locales.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, le cadre réglementaire et opérationnel existant déjà.
Le budget est estimé entre 20 000 et 30 000 euros par an, couvrant la coordination, la communication et la logistique.
Le financement mobilise l’ARS, la Métropole au titre de la solidarité et de la santé publique, ainsi qu’une part d’autofinancement communal.
Généraliser la formation aux premiers secours pour les agents et les habitants
Vision politique
La capacité à porter secours ne relève pas uniquement des professionnels.
Dans une commune, chaque citoyen formé devient un maillon de la chaîne de protection collective. Généraliser les gestes de premiers secours, c’est renforcer l’autonomie, la solidarité et la résilience du territoire face aux accidents du quotidien comme aux situations exceptionnelles.
Mise en oeuvre concrète
La commune organise des formations régulières aux gestes de premiers secours pour les agents municipaux et ouvre des sessions accessibles aux habitants.
Ces formations sont conduites en partenariat avec des associations agréées, comme la Croix-Rouge ou la Protection Civile, et peuvent être proposées dans les équipements municipaux.
Elles complètent les actions de prévention et s’articulent avec les dispositifs de sécurité et de santé publique existants.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, les formats de formation étant éprouvés et facilement mobilisables.
Le budget est estimé entre 10 000 et 15 000 euros par an.
Le financement repose sur des partenariats avec la Métropole et la Région, complétés par l’appui des associations de secours, avec un coût limité pour la commune.
Installer un point d’écoute santé-social accessible et transversal
Vision politique
De nombreuses difficultés basculent dans l’urgence faute d’avoir été entendues à temps. La commune a un rôle clé pour offrir un premier lieu d’écoute, non stigmatisant, où chacun peut parler, être orienté et accompagné avant que les situations sociales, sanitaires ou familiales ne se dégradent. Ce point d’écoute incarne une solidarité de proximité, discrète mais structurante.
Mise en oeuvre concrète
La commune met en place un point d’écoute santé-social facilement accessible, animé par des professionnels formés à l’écoute et à l’orientation.
Ce lieu assure l’accueil des familles, des jeunes et des seniors, identifie les situations à risque et oriente vers les dispositifs adaptés : services sociaux, santé, associations spécialisées ou structures partenaires.
Il fonctionne en lien étroit avec les acteurs locaux et complète les dispositifs de prévention et de sécurité déjà existants.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, reposant sur des formats éprouvés et des partenariats existants.
Le budget est estimé entre 25 000 et 35 000 euros par an.
Le financement mobilise l’ARS, la Métropole et des associations de prévention, avec un reste à charge communal limité.
Déployer une prévention globale et éducative auprès des adolescents
Vision politique
La prévention menée auprès des adolescents ne relève pas uniquement de la protection ou de la tranquillité publique. Elle participe pleinement à la santé physique, psychique et sociale des jeunes.
Cette mesure, également développée dans le chapitre “Sécurité et tranquillité publique”, est rappelée ici pour affirmer une approche globale de la santé : agir en amont, accompagner les parcours et donner aux jeunes les repères nécessaires face aux addictions, aux usages numériques, aux violences et aux enjeux de consentement.
Mise en oeuvre concrète
La commune déploie des modules réguliers de prévention dans les établissements scolaires, les clubs sportifs et les structures associatives.
Les thématiques abordées incluent les addictions, les usages des écrans, le cyberharcèlement, le consentement, et, selon les besoins identifiés, la santé sexuelle, la contraception, l’avortement et le dépistage des infections sexuellement transmissibles.
Ces actions sont coordonnées avec les dispositifs présentés dans le chapitre “Sécurité et tranquillité publique”, afin d’assurer une continuité éducative et une lisibilité claire pour les familles et les professionnels.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, reposant sur des dispositifs existants et des partenaires expérimentés.
Le budget est estimé entre 10 000 et 15 000 euros par an.
Le financement mobilise l’ARS, la Métropole et les associations partenaires, avec un engagement communal limité.
Protéger les seniors par un programme anti-fraude structuré et régulier
Vision politique
Les arnaques et escroqueries visant les personnes âgées ne relèvent pas uniquement de la sécurité. Elles touchent directement à la santé sociale, à l’autonomie et à la dignité des seniors.
Ce programme, également présenté dans le chapitre “Sécurité et tranquillité publique”, s’inscrit ici dans une approche sanitaire et solidaire : prévenir les vulnérabilités, éviter les ruptures de confiance et agir avant que les conséquences financières et psychologiques ne deviennent irréversibles.
Mise en oeuvre concrète
La commune organise des sessions régulières d’information à destination des seniors, portant sur les principales formes d’escroqueries, de fraudes numériques et d’abus de confiance.
Ces actions sont conduites en lien avec les commerçants de proximité, les services municipaux et la police municipale, afin de diffuser des messages simples, concrets et directement applicables dans la vie quotidienne.
La coordination avec les dispositifs de prévention décrits dans le chapitre “Sécurité et tranquillité publique” garantit la cohérence et la continuité de l’action.
Faisabilité, financement et chiffrage
La faisabilité est élevée, le dispositif reposant sur des formats légers et déjà éprouvés.
Le budget est estimé entre 5 000 et 8 000 euros par an.
Le financement peut mobiliser la Caisse nationale d’assurance vieillesse, la Métropole, avec un complément communal limité.
Sources & références
Documents institutionnels, santé
- Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes : dispositifs de santé publique locale.
- Ministère de la Santé : Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), CPTS, prévention.
- Métropole de Lyon : coordination sanitaire et sociale, politiques locales de santé.
Références techniques
- Données publiques sur les désertifications médicales et l’accès aux soins.
Sources internes
- Notes de travail communales 2024–2025.
- Informations techniques issues des échanges avec acteurs locaux de santé.
