Alimentation solidaire et durable à Écully | Notre projet municipal 2026

L’alimentation est un levier social, sanitaire, écologique et économique de premier plan.
Sans être productrice agricole, la commune dispose pourtant d’un pouvoir réel : celui de la commande publique, de l’organisation des services et de l’exemplarité quotidienne.

À Écully, l’alimentation solidaire et durable vise trois objectifs simples et profondément politiques : assurer une alimentation saine et accessible à tous, soutenir les filières locales, et reprendre la maîtrise de ce que la collectivité sert chaque jour aux enfants, aux seniors et aux publics fragiles.

Il ne s’agit ni d’un luxe ni d’un symbole, mais d’un choix structurant, rationnel et durable, fondé sur la qualité, la transparence et la cohérence des politiques publiques.

Notre projet pour une alimentation solidaire et durable à Écully

Créer une cuisine publique pour reprendre la maîtrise de l’alimentation collective
Vision politique

L’alimentation est un acte quotidien, social et politique. Elle touche à la santé, à l’éducation, à l’environnement et à la justice sociale. En confiant la restauration collective à des opérateurs industriels, les communes perdent la maîtrise de la qualité des repas, des coûts, et du sens même de ce qu’elles servent aux enfants et aux seniors

Créer une cuisine municipale bio et locale permet à la commune de reprendre la main sur l’alimentation collective, en garantissant des repas équilibrés, de saison et adaptés aux besoins spécifiques.Cette démarche ne vise pas l’exception ou le symbole, mais la normalité alimentaire : bien manger, tous les jours, sans que cela dépende du revenu ou du quartier.

La cuisine municipale s’inscrit également dans une logique éducative et territoriale, en lien avec la ferme pédagogique communale. Ensemble, ces deux dispositifs forment une chaîne cohérente allant de la production à l’assiette, permettant aux enfants de comprendre concrètement d’où viennent les aliments, comment ils sont cultivés et transformés, et pourquoi la qualité alimentaire est un enjeu collectif.

Mise en oeuvre concrète

La commune pourra créer ou rénover un site de production culinaire adapté à la restauration collective, dimensionné pour répondre aux besoins des cantines scolaires, des crèches et du portage de repas à domicile pour les seniors.

Le fonctionnement reposera sur :

  • des partenariats durables avec des producteurs biologiques et locaux,
  • l’élaboration de menus par des professionnels de la nutrition,
  • une organisation logistique centralisée pour la distribution des repas,
  • une attention particulière portée aux allergies, régimes spécifiques et besoins nutritionnels.

La cuisine municipale pourra également s’appuyer ponctuellement sur la ferme pédagogique comme support éducatif, notamment pour des actions de sensibilisation à l’alimentation durable, aux saisons, et aux circuits courts, sans chercher une autosuffisance irréaliste mais en renforçant la cohérence du projet communal.

Faisabilité, financement et chiffrage

La faisabilité du projet repose sur l’identification d’un site adapté et sur un phasage réaliste de l’investissement. De nombreuses communes comparables ont engagé ce type de démarche avec succès, en combinant maîtrise publique, partenariats agricoles et montée en charge progressive de l’outil de production.

Le budget d’investissement est estimé entre 900 000 et 1 800 000 euros, selon l’état initial des locaux, le niveau d’équipement retenu et la capacité de production visée.

Ce projet doit être apprécié au regard des dépenses actuelles : la commune consacre environ 1,25 million d’euros par an à la restauration scolaire externalisée, notamment via un prestataire industriel.
La création d’une cuisine municipale permettrait de reprendre la maîtrise de ce poste budgétaire structurant.

Le financement pourra mobiliser :

  • la commune,
  • la Région (alimentation durable et circuits courts),
  • des fonds dédiés à la transition alimentaire,
  • des partenariats agricoles et institutionnels.

L’investissement initial serait progressivement compensé par la réduction des coûts de prestation externalisée, une diminution du gaspillage alimentaire, une meilleure maîtrise des achats et une qualité nutritionnelle accrue des repas servis.

La cuisine municipale ne constitue donc pas une dépense supplémentaire, mais un changement de modèle, plus résilient, plus transparent et économiquement soutenable à moyen terme.

Expérimenter une sécurité sociale de l’alimentation afin de garantir un accès équitable à une alimentation saine et locale
Vision politique

L’alimentation est devenue l’un des angles morts des politiques publiques locales.
La hausse des prix, la précarisation d’une partie croissante des ménages et la dégradation de la qualité alimentaire creusent des inégalités silencieuses mais profondes.

Expérimenter une sécurité sociale de l’alimentation à l’échelle communale, ce n’est pas se substituer à l’État.
C’est assumer un rôle de facilitateur et de coordinateur, pour garantir à chacun un accès réel à une alimentation de qualité, tout en soutenant une agriculture locale durable.

Cette démarche articule solidarité, santé publique et transition agricole, sans stigmatisation ni assistanat.

Mise en oeuvre concrète

La commune lancera une expérimentation volontaire et encadrée, reposant sur :

  • l’adhésion volontaire des habitants ;
  • une contribution financière modulée selon les ressources ;
  • l’accès à des paniers ou produits issus de producteurs locaux partenaires ;
  • une gouvernance partagée associant habitants, producteurs et collectivité ;
  • une articulation possible avec la cuisine municipale et les dispositifs alimentaires existants.

Le dispositif sera conçu comme un outil simple, lisible et évolutif, permettant d’évaluer les usages, les effets sociaux et l’impact économique local.

Faisabilité, financement et chiffrage

La faisabilité est réelle dans le cadre d’une expérimentation limitée et progressive, comme cela a déjà été engagé dans plusieurs territoires pilotes.

Le budget est estimé entre 60 000 et 100 000 euros la première année, incluant la coordination, l’ingénierie du dispositif et la participation communale.

Le financement pourra mobiliser :

  • la commune ;
  • la Région ;
  • des fonds européens ;
  • des partenariats agricoles et institutionnels.

L’objectif n’est pas la généralisation immédiate, mais une expérimentation rigoureuse, évaluée et ajustable, permettant d’objectiver les effets sociaux et économiques avant toute montée en charge.

Renforcer l’épicerie sociale afin d’en faire un pilier de l’alimentation solidaire, accessible à toutes les familles en difficulté
Vision politique

L’épicerie sociale ne doit pas être un dispositif marginal, discret ou résiduel.
Elle constitue l’un des outils les plus concrets pour lutter contre la précarité alimentaire tout en préservant la dignité des familles.

Renforcer l’épicerie sociale, c’est assumer une politique de solidarité qui ne se limite pas à l’urgence, mais qui accompagne les parcours, favorise l’autonomie et s’inscrit dans une vision globale de l’alimentation durable et de la santé publique.

Mise en oeuvre concrète

La commune engagera un renforcement progressif de l’épicerie sociale existante, reposant sur :

  • l’élargissement des horaires d’ouverture afin de mieux s’adapter aux contraintes des familles ;
  • la diversification de l’offre, avec une part accrue de produits frais, locaux et de saison ;
  • l’organisation d’ateliers réguliers autour de la cuisine, de la gestion budgétaire et de la prévention alimentaire ;
  • une meilleure articulation avec le CCAS, les travailleurs sociaux et les dispositifs de santé ;
  • des actions de communication ciblées pour améliorer l’accès et réduire le non-recours.

L’épicerie sociale sera pleinement intégrée à la politique alimentaire solidaire de la commune, en lien avec la cuisine municipale et les autres dispositifs d’aide.

Faisabilité, financement et chiffrage

La faisabilité est élevée, le dispositif existant constituant une base solide à renforcer plutôt qu’à créer ex nihilo.

Le budget est estimé entre 40 000 et 70 000 euros par an, incluant l’extension des horaires, l’enrichissement de l’offre et l’animation des ateliers.

Le financement pourra mobiliser :

  • la commune ;
  • le Département ;
  • la Région ;
  • la CAF ;
  • des partenariats avec les associations caritatives.

Cette montée en puissance progressive permet d’améliorer l’efficacité sociale du dispositif sans alourdir excessivement les charges de fonctionnement.

Renforcer le portage de repas afin de soutenir l’autonomie, la santé et la qualité de vie des aînés
Vision politique

Le portage de repas ne relève pas uniquement d’un service logistique.
Il constitue un levier central de maintien à domicile, de prévention de la dénutrition et de lutte contre l’isolement des personnes âgées.

Renforcer ce service, c’est affirmer une politique de solidarité discrète mais essentielle, attentive à la santé, à la dignité et à l’autonomie des aînés, tout en inscrivant l’action communale dans une logique de prévention plutôt que de prise en charge tardive.

Mise en oeuvre concrète

La commune renforcera le service de portage de repas en s’appuyant sur :

  • une livraison régulière, quotidienne ou bihebdomadaire selon les besoins ;
  • des menus équilibrés, adaptés aux pathologies et aux régimes spécifiques ;
  • une coordination étroite avec le CCAS et les services sociaux pour identifier les situations de fragilité ;
  • une tarification modulée en fonction des revenus ;
  • un lien direct avec la cuisine municipale, afin de garantir la fraîcheur, la qualité nutritionnelle et l’origine locale des repas.

Le portage sera également un point de contact humain, permettant de repérer précocement les situations d’isolement ou de vulnérabilité.

Faisabilité, financement et chiffrage

La faisabilité est élevée, le service existant pouvant être renforcé sans restructuration lourde.

Le budget est estimé entre 30 000 et 60 000 euros par an, hors coût de fabrication des repas, qui relève de la restauration collective.

Le financement pourra mobiliser :

  • la commune ;
  • le Département, notamment via l’APA ;
  • la CAF ;
  • une participation des usagers modulée selon les revenus.

Cette organisation permet d’améliorer la qualité du service tout en maintenant un coût maîtrisé pour la collectivité.

Sources et bibliographie
Documents institutionnels – alimentation durable
  • Métropole de Lyon, programmes alimentation locale et économie circulaire.
  • Région Auvergne Rhône-Alpes, dispositifs circuits courts.
  • Fonds européens LEADER, soutien à l’économie locale et rurale.
  • État, programmes alimentaires territoriaux.
Références techniques
  • Guides à destination des collectivités sur les circuits courts, les jardins partagés et les coopérations locales.
Sources internes
  • Échanges internes 2024–2025 sur les initiatives locales et les besoins logistiques.